Mémoire émotionnelle : pourquoi certaines situations déclenchent-elles encore une réaction ?
Il arrive de vivre une situation tout à fait banale et de ressentir pourtant une réaction beaucoup plus forte que ce que l’on aurait imaginé : le cœur qui s’accélère, une boule au ventre, l’envie de fuir, de se mettre en colère, de se fermer ou au contraire de ne plus réussir à dire ce que l’on pense.
Parfois, nous savons même parfaitement que cette réaction n’est pas forcément adaptée à la situation actuelle. Pourtant, sur le moment, elle semble se déclencher presque automatiquement.
Pourquoi ? Notre cerveau ne réagit pas uniquement à ce qui se passe ici et maintenant. Il s’appuie aussi sur nos apprentissages, nos expériences passées et les associations construites au fil du temps. C’est notamment ce qui permet de comprendre ce que l’on appelle couramment la mémoire émotionnelle.
Qu’appelle-t-on mémoire émotionnelle ?
La mémoire émotionnelle désigne, de manière générale, l’influence que peuvent avoir nos expériences émotionnelles passées sur nos réactions présentes.
Notre cerveau apprend continuellement à partir de ce que nous vivons. Lorsqu’une situation a été associée à une peur, une tension, une humiliation, une douleur ou au contraire à quelque chose d’agréable, cette expérience peut influencer la façon dont nous percevrons plus tard une situation présentant certaines ressemblances.
Il ne s’agit pas nécessairement d’un souvenir précis que nous pourrions raconter. Une réaction peut être influencée par des apprentissages et des associations construits au fil de nos expériences, parfois sans que nous ayons immédiatement conscience de ce qui les déclenche.
Parler de mémoire émotionnelle ne signifie donc pas qu’une émotion serait littéralement « stockée » quelque part dans le corps en attendant d’être libérée.
Pourquoi notre cerveau crée-t-il des réactions automatiques ?
Notre capacité à apprendre de nos expériences est indispensable. Elle nous permet notamment d’anticiper certaines situations et d’adapter rapidement notre comportement.
Si une situation a déjà été associée à un danger ou à un stress important, certains éléments ressemblant à cette expérience peuvent ensuite suffire à déclencher plus rapidement une réaction de vigilance.
Cela peut se traduire par exemple par :
- une accélération du rythme cardiaque ;
- une tension musculaire ;
- une sensation de boule au ventre ;
- une envie d’éviter ou de fuir la situation ;
- une difficulté à réfléchir ou à trouver ses mots ;
- une irritabilité ou une réaction de colère ;
- une impression de se figer ou de perdre ses moyens.
Ces réactions ne sont pas nécessairement volontaires. Elles peuvent apparaître très rapidement, avant même que nous ayons eu le temps d'analyser consciemment la situation.
→ Pour mieux comprendre ces mécanismes, vous pouvez également lire Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous sommes stressés ?
Une situation actuelle peut-elle réactiver une réaction ancienne ?
Oui, parce que notre cerveau fonctionne notamment par associations et apprentissages.
Une situation actuelle n’a pas besoin d’être exactement identique à une expérience précédente pour évoquer certains éléments déjà associés au stress : un ton de voix, un contexte, une sensation, une personne, une attente particulière ou encore la peur d’une conséquence.
Prenons un exemple simple : une personne ayant vécu plusieurs expériences très inconfortables lorsqu’elle devait prendre la parole devant un groupe peut ressentir une forte appréhension avant une nouvelle présentation, même si elle sait rationnellement qu’elle est aujourd’hui compétente et préparée.
La situation présente est nouvelle. Pourtant, certains éléments peuvent rappeler des expériences précédentes et favoriser une réaction déjà apprise.
Pourquoi comprendre l’origine d’une réaction ne suffit-il pas toujours ?
C’est une situation que l’on rencontre souvent : « Je sais pourquoi je réagis comme ça, mais je n’arrive pas à faire autrement. »
Comprendre intellectuellement une réaction est utile, mais cette compréhension ne modifie pas nécessairement immédiatement les automatismes construits au fil du temps.
On peut par exemple savoir que l’on a le droit de dire non et continuer à ressentir une forte tension au moment de poser une limite. On peut savoir qu’un oral ne représente aucun danger réel et perdre malgré tout ses moyens. On peut également se sentir parfaitement prêt physiquement pour une compétition et ressentir une appréhension difficile à contrôler au moment du départ.
Il existe donc parfois un décalage entre ce que l’on sait rationnellement et la réaction qui apparaît dans la situation réelle.
Mémoire émotionnelle et peur du conflit
La peur du conflit illustre bien ce fonctionnement.
Une personne peut savoir qu’exprimer un désaccord ou poser une limite est légitime. Pourtant, dès qu’elle doit réellement le faire, elle peut ressentir une tension importante, craindre la réaction de l’autre, chercher à éviter la discussion ou finalement accepter quelque chose qu’elle aurait souhaité refuser.
La réaction ne dépend alors pas uniquement de ce que la personne pense consciemment. Des apprentissages précédents autour du conflit, du désaccord ou de la réaction des autres peuvent également influencer sa manière de réagir.
→ À lire également : Peur du conflit : quand éviter l’affrontement finit par créer du mal-être.
Mémoire émotionnelle et réactions dans le sport
Ces automatismes peuvent également apparaître dans le sport.
Une chute, une mauvaise expérience en compétition, un échec sur une difficulté technique ou une période de forte pression peuvent parfois modifier la manière dont un sportif aborde ensuite une situation similaire.
Il peut alors savoir qu’il possède les capacités physiques nécessaires tout en ressentant une appréhension, une perte de confiance ou une réaction de stress au moment de se confronter à nouveau à la situation.
Dans ce cas, il est important de distinguer la dimension physique, qui relève notamment des professionnels de santé lorsqu’il existe une blessure ou une problématique médicale, de la dimension liée au stress, à l’appréhension et au vécu de la situation.
→ À lire également : Quand le corps est prêt mais que le mental bloque : kinésiologie et sport.
Quel rôle jouent les émotions dans ces réactions ?
La peur, la colère, la tristesse ou encore le dégoût ne sont pas des réactions inutiles qu’il faudrait systématiquement faire disparaître. Les émotions participent à notre adaptation à ce que nous vivons.
La difficulté apparaît davantage lorsqu’une réaction devient très intense, répétitive ou qu’elle limite nos possibilités d’action dans une situation donnée.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de supprimer l’émotion, mais de retrouver davantage de souplesse dans la manière d’y répondre.
→ Pour aller plus loin : Les émotions primaires : à quoi servent-elles et quelle place pour la kinésiologie ?
Peut-on « libérer une mémoire émotionnelle » ?
L’expression « libérer une mémoire émotionnelle » est fréquemment utilisée dans certaines approches de bien-être. Elle peut cependant donner l’impression qu’un événement serait enregistré de manière intacte quelque part dans le corps et qu’il suffirait de le retrouver pour le supprimer.
Je préfère ne pas présenter le travail en kinésiologie de cette manière.
La mémoire humaine est complexe et reconstructive. Une réaction actuelle peut être influencée par des expériences et des apprentissages antérieurs sans qu’il soit possible d’en identifier une cause unique avec certitude.
En séance, il n’est donc pas nécessaire de retrouver absolument « l’événement d’origine » pour travailler autour d’une difficulté actuelle.
Mémoire émotionnelle et kinésiologie : comment se déroule le travail ?
En kinésiologie, nous partons avant tout de ce que la personne vit aujourd’hui.
Il peut par exemple s’agir de :
- se sentir paralysé lorsqu’il faut prendre la parole ;
- ne pas réussir à dire non malgré l’envie de poser une limite ;
- ressentir une appréhension importante dans une situation précise ;
- perdre ses moyens lors d’un examen ou d’une compétition ;
- réagir très fortement à certaines remarques ou situations ;
- avoir l’impression de reproduire régulièrement la même réaction.
À partir de cette situation, nous définissons ensemble un objectif de séance.
Le test musculaire est ensuite utilisé comme outil pour guider le déroulement de la séance et le choix des équilibrations.
Il est important de préciser que le test musculaire ne permet pas de retrouver avec certitude une mémoire cachée, de dater l’origine d’un problème ou d’établir une cause psychologique. Il ne constitue pas non plus un outil diagnostique.
L’objectif : retrouver davantage de choix face à une situation
L’objectif du travail n’est pas d’effacer le passé ni de ne plus ressentir d’émotions.
Il s’agit plutôt de travailler autour d’une situation dans laquelle une réaction semble aujourd’hui trop automatique ou limitante, afin de rechercher davantage de possibilités dans la manière de la vivre.
Un objectif peut par exemple être formulé ainsi :
« Je me sens capable de prendre la parole avec davantage de calme. »
« Je me sens à ma place lorsque j’exprime mes limites. »
« J’aborde cette situation avec davantage de confiance. »
Le changement recherché concerne donc avant tout la manière dont la personne souhaite pouvoir réagir aujourd’hui et dans les situations à venir.
Mémoire émotionnelle et kinésiologie à Annecy
Dans mon cabinet de kinésiologie à Annecy, je peux vous accompagner lorsque certaines situations déclenchent régulièrement du stress, une appréhension ou une réaction émotionnelle que vous avez du mal à modifier malgré votre compréhension de la situation.
La kinésiologie est une approche complémentaire de bien-être. Elle ne remplace ni un diagnostic ni un suivi médical, psychologique ou psychiatrique lorsque celui-ci est nécessaire.
Lorsque des réactions sont liées à un traumatisme, à une souffrance psychologique importante ou ont un impact majeur sur la vie quotidienne, l’accompagnement par un professionnel de santé qualifié est particulièrement important.
Prendre rendez-vous pour travailler autour d’une réaction automatique
Vous avez identifié une situation dans laquelle vous avez régulièrement l’impression de réagir malgré vous ? Nous pouvons partir de cette situation concrète pour définir ensemble l’objectif de votre séance.
→ Prendre rendez-vous pour une séance de kinésiologie à Annecy.
FAQ – Mémoire émotionnelle et kinésiologie
Qu’est-ce que la mémoire émotionnelle ?
La mémoire émotionnelle désigne de manière générale l’influence que peuvent avoir nos expériences émotionnelles et nos apprentissages passés sur certaines réactions présentes. Une situation actuelle peut ainsi susciter rapidement une réaction émotionnelle lorsqu’elle présente des éléments associés à des expériences précédentes.
Pourquoi certaines situations déclenchent-elles une réaction automatique ?
Notre cerveau apprend continuellement à partir de nos expériences. Certains contextes peuvent ainsi être associés au stress, à la peur ou à d’autres réactions émotionnelles. Lorsqu’une situation présente ensuite des éléments similaires, une réaction peut apparaître très rapidement, parfois avant même que nous ayons analysé consciemment ce qui se passe.
Une réaction automatique vient-elle forcément d’un événement du passé ?
Non. Nos réactions dépendent de nombreux facteurs et il n’est pas toujours possible d’en identifier une origine unique. Les expériences passées et les apprentissages peuvent jouer un rôle, mais le contexte actuel, le niveau de stress et de nombreux autres éléments peuvent également influencer notre manière de réagir.
Peut-on libérer une mémoire émotionnelle grâce à la kinésiologie ?
Je préfère ne pas présenter la kinésiologie comme une technique permettant de retrouver puis de « libérer » une mémoire cachée. En séance, nous partons d’une difficulté actuelle et d’un objectif. Le travail est orienté vers la manière dont la personne souhaite pouvoir vivre ou aborder cette situation aujourd’hui.
Le test musculaire permet-il de retrouver l’origine d’un blocage ?
Non. Le test musculaire est utilisé en kinésiologie pour guider le déroulement de la séance et le choix des équilibrations. Il ne permet pas d’identifier avec certitude l’origine psychologique d’un problème, de retrouver une mémoire cachée ou d’établir un diagnostic.
Pourquoi puis-je comprendre ma réaction sans réussir à la changer ?
Comprendre intellectuellement une situation ne suffit pas toujours à modifier immédiatement une réaction devenue habituelle ou fortement associée au stress. C’est ce qui explique que l’on puisse, par exemple, savoir que l’on a le droit de dire non tout en ressentant une forte tension au moment de poser réellement une limite.
Dans quelles situations peut-on consulter en kinésiologie ?
Une séance peut notamment être envisagée autour du stress, d’une appréhension, d’une difficulté à poser ses limites, d’une perte de moyens dans certaines situations ou d’une réaction émotionnelle répétitive. La kinésiologie reste une approche complémentaire de bien-être et ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsqu’il est nécessaire.
