Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous sommes stressés ?
Vous connaissez parfaitement votre sujet et pourtant, au moment de prendre la parole, impossible de retrouver vos mots.
Vous aviez décidé de rester calme pendant une discussion mais, face à votre interlocuteur, vous réagissez immédiatement comme vous l’avez déjà fait de nombreuses fois.
Vous savez rationnellement qu’une situation n’est pas dangereuse, mais votre corps réagit malgré tout : cœur qui s’accélère, respiration différente, tension musculaire, difficulté à réfléchir ou envie de fuir la situation.
Et quelques minutes plus tard, une fois le calme revenu, vous vous dites : « Pourtant, je savais exactement ce que je voulais faire ou dire. »
Ces situations permettent de comprendre quelque chose d’essentiel : notre manière de réfléchir, de décider et de réagir n’est pas exactement la même lorsque nous sommes calmes et lorsque nous sommes soumis à un stress important.
En séance de kinésiologie, j’utilise régulièrement des explications autour du fonctionnement du cerveau pour aider à comprendre certaines réactions. On entend parfois parler de « cerveau reptilien », de cortex, de cerveau limbique ou encore de « court-circuit » sous stress.
Mais que signifient réellement ces expressions ? Et surtout, que se passe-t-il vraiment dans notre cerveau lorsque nous sommes stressés ?
Notre cerveau ne fonctionne pas comme une succession d’interrupteurs
Pour comprendre le stress, il faut d’abord abandonner une idée assez répandue : celle d’un cerveau constitué de plusieurs parties totalement indépendantes qui pourraient s’allumer ou s’éteindre les unes après les autres.
Notre cerveau fonctionne plutôt grâce à des réseaux de régions qui communiquent en permanence entre elles.
Certaines structures jouent néanmoins des rôles particulièrement importants dans notre manière de percevoir une situation, de mémoriser ce que nous vivons, d’évaluer ce qui nous entoure et de choisir une réponse adaptée.
Parmi elles, trois noms reviennent souvent lorsque l’on parle de stress :
- le cortex préfrontal, impliqué notamment dans la réflexion, la planification, la prise de décision, l’attention et la capacité à adapter notre comportement ;
- l’amygdale, impliquée notamment dans le traitement de la dimension émotionnelle et de la pertinence de certains stimuli, en particulier lorsqu’ils peuvent représenter une menace ;
- l’hippocampe, qui joue un rôle majeur dans la mémoire et dans la prise en compte du contexte d’une situation.
Ces structures ne travaillent pas seules. Elles échangent continuellement des informations avec de nombreuses autres régions du cerveau.
Quel est le rôle du cortex préfrontal ?
Le cortex préfrontal se situe à l’avant du cerveau, derrière le front.
Il participe à ce que l’on appelle les fonctions exécutives. Ce sont les capacités qui nous permettent notamment de garder une information en tête, de réfléchir avant d’agir, d’organiser une action, de contrôler certaines réactions automatiques ou encore de modifier notre stratégie lorsque la situation change.
Prenons un exemple très simple.
Votre enfant vous répond sèchement alors que vous êtes détendu. Vous pouvez prendre quelques secondes, comprendre qu’il est lui-même fatigué, choisir vos mots et décider de ne pas répondre immédiatement.
Cette capacité à prendre du recul et à adapter votre réponse mobilise notamment des fonctions auxquelles participe le cortex préfrontal.
Mais lorsque le niveau de stress augmente fortement, certaines de ces fonctions peuvent devenir temporairement moins efficaces.
Que se passe-t-il lorsque notre cerveau perçoit une menace ?
Le stress n’est pas, en lui-même, une anomalie.
Il fait partie des mécanismes qui permettent à l’organisme de s’adapter lorsqu’une situation demande une réponse rapide.
Lorsqu’une situation est perçue comme menaçante ou particulièrement exigeante, différents systèmes biologiques sont mobilisés. Le rythme cardiaque peut augmenter, la respiration se modifier, les muscles se préparer à l’action et l’attention se focaliser davantage sur les éléments jugés importants.
Cette réaction peut être parfaitement utile.
Si une voiture arrive brusquement vers vous alors que vous traversez une rue, votre priorité n’est pas de réaliser une analyse détaillée de la situation. Votre organisme doit vous permettre de réagir rapidement.
Le problème apparaît plutôt lorsque ce mode de fonctionnement se déclenche dans des situations où nous aurions justement besoin de recul, de réflexion ou de flexibilité.
Pourquoi peut-on « perdre ses moyens » sous stress ?
C’est probablement l’une des manifestations les plus faciles à observer.
Imaginez que vous devez passer un oral important.
Chez vous, vous connaissez parfaitement votre présentation. Vous êtes capable de répondre aux questions et d’expliquer votre raisonnement.
Puis vous entrez dans la salle, vous voyez le jury et votre niveau de stress augmente fortement.
Tout à coup : le trou noir.
Votre connaissance n’a pourtant pas disparu.
Mais le stress aigu peut perturber temporairement certaines fonctions exécutives, notamment la mémoire de travail et la flexibilité cognitive. Il peut alors devenir plus difficile de garder plusieurs informations disponibles, de passer rapidement d’une idée à une autre ou d’adapter son raisonnement.
C’est ce qui explique en partie pourquoi une personne peut connaître parfaitement quelque chose dans un contexte calme et avoir beaucoup plus de difficultés à mobiliser cette connaissance lorsqu’elle se sent fortement stressée.
Et lorsque la pression retombe, les idées peuvent revenir très facilement.
« Mais oui ! C’est exactement ce que j’aurais dû répondre ! »
C’est notamment ce type de situation que j’aborde dans mon article consacré au stress avant un examen ou un oral et à la place que peut avoir la kinésiologie.
Pourquoi réagit-on parfois automatiquement ?
Le stress peut également favoriser des réponses plus rapides ou plus habituelles.
C’est particulièrement intéressant lorsque l’on se retrouve régulièrement dans la même situation.
Vous savez par exemple que vous aimeriez poser une limite à quelqu’un.
Avant la conversation, tout est clair : vous savez ce que vous voulez dire et pourquoi vous souhaitez le dire.
Puis la personne réagit mal.
Immédiatement, votre ancienne manière de fonctionner revient : vous minimisez ce que vous vouliez demander, vous vous justifiez ou vous finissez par dire que « ce n’est pas grave ».
Une heure plus tard, vous vous demandez pourquoi vous avez encore réagi ainsi.
Comprendre rationnellement ce que l’on voudrait faire ne signifie pas toujours réussir à le faire lorsque le stress apparaît.
C’est précisément ce décalage entre ce que l’on sait consciemment et la manière dont on réagit dans certaines situations qui peut être intéressant à explorer en séance.
On retrouve très bien ce mécanisme lorsque l’on a tendance à éviter les conflits ou à avoir du mal à poser ses limites.
Quel rôle jouent l’amygdale et l’hippocampe ?
L’amygdale et l’hippocampe sont deux structures souvent évoquées lorsqu’on parle de stress, d’émotions et de mémoire.
L’amygdale participe notamment à l’évaluation de la pertinence émotionnelle des informations et aux réponses associées à la peur ou à la menace.
L’hippocampe joue quant à lui un rôle essentiel dans la mémoire et dans le contexte associé aux événements.
Cette notion de contexte est importante.
Notre cerveau ne traite pas chaque situation comme si nous la découvrions pour la première fois. Nos expériences précédentes participent à notre manière d’interpréter ce qui se passe aujourd’hui.
Une odeur, une phrase, une attitude, un lieu ou une situation peuvent ainsi rappeler — consciemment ou non — des expériences déjà vécues.
Cela ne signifie pas qu’un souvenir précis « commande » automatiquement notre comportement. Le fonctionnement du cerveau est beaucoup plus complexe.
Mais notre histoire et nos apprentissages participent bien à la manière dont nous évaluons et vivons les situations présentes.
Cerveau reptilien, cerveau limbique et cortex : est-ce vraiment ainsi que fonctionne notre cerveau ?
On utilise encore fréquemment une représentation dans laquelle le cerveau serait composé de trois niveaux :
- un cerveau reptilien, associé à la survie et aux réactions instinctives ;
- un cerveau limbique, associé aux émotions et à la mémoire ;
- un néocortex, associé à la réflexion et au raisonnement.
Cette représentation peut être utile comme image pédagogique pour comprendre qu’une réaction rapide face à une menace n’implique pas exactement les mêmes processus qu’une réflexion calme et élaborée.
Mais il ne faut pas la prendre au pied de la lettre.
Les neurosciences actuelles décrivent un fonctionnement beaucoup plus interconnecté. Nous n’avons pas trois cerveaux indépendants qui se transmettent successivement les commandes.
Les régions impliquées dans les émotions, la mémoire, la perception, la décision et l’action communiquent en permanence.
Le terme « cerveau reptilien » peut donc être utilisé comme une simplification pédagogique, mais il ne correspond pas à un cerveau autonome qui prendrait littéralement le contrôle du reste.
Le stress provoque-t-il réellement un « court-circuit » dans le cerveau ?
J’utilise parfois l’image du « court-circuit sous stress » pour expliquer simplement ce qui peut se produire lorsque nous avons le sentiment de perdre nos moyens.
Mais là encore, il s’agit d’une métaphore.
Aucune connexion ne se coupe réellement entre deux parties du cerveau.
Ce qui change, c’est plutôt l’équilibre entre différents systèmes et la manière dont certaines fonctions cognitives sont mobilisées.
Lorsque le stress devient important, notre traitement de l’information peut devenir davantage orienté vers ce qui paraît urgent ou menaçant, tandis que certaines capacités nécessaires à une réflexion plus élaborée peuvent être temporairement moins efficaces.
C’est pourquoi l’expression « court-circuit » peut être parlante pour expliquer une sensation vécue :
« Je savais ce que je voulais faire, mais sur le moment je n’y avais plus accès de la même manière. »
Ce n’est donc pas une déconnexion anatomique du cerveau, mais une façon simple d’illustrer la manière dont le stress peut modifier temporairement notre fonctionnement.
Quel rapport avec la kinésiologie ?
En kinésiologie, nous partons d’une problématique actuelle et d’un objectif défini avec la personne.
Il peut s’agir par exemple de réussir à prendre la parole plus sereinement, poser une limite, aborder une compétition avec davantage de confiance, vivre plus calmement une situation précise ou ne plus se sentir systématiquement débordé par la même réaction.
Le test musculaire est utilisé comme outil propre à la kinésiologie pour guider la séance et le choix des équilibrations autour de cet objectif.
Il ne permet pas d’observer directement le fonctionnement du cerveau, de mesurer l’activité d’une région cérébrale ou d’établir un diagnostic neurologique.
De la même manière, une séance de kinésiologie ne vise pas à « reconnecter » médicalement certaines parties du cerveau.
Nous travaillons plutôt autour de la situation vécue par la personne et du stress qui lui est associé, afin qu’elle puisse disposer de davantage de possibilités dans sa manière d’aborder cette situation.
Pourquoi utilise-t-on le mouvement en kinésiologie ?
Le corps et le cerveau fonctionnent évidemment ensemble.
Se déplacer, coordonner ses gestes, suivre quelque chose du regard ou réaliser un mouvement croisé mobilise différents systèmes sensoriels, moteurs et attentionnels.
C’est pourquoi certaines techniques utilisées en kinésiologie passent par le mouvement.
Parmi elles, on retrouve notamment des exercices issus du Brain Gym, également appelé éducation kinesthésique.
Certains exercices demandent par exemple de coordonner le côté droit et le côté gauche du corps, de franchir la ligne médiane avec un mouvement ou encore d’associer mouvement et attention.
Ils peuvent être utilisés au cours d’une séance comme outils d’équilibration, selon ce qui est recherché et les techniques pratiquées par le kinésiologue.
J’explique plus en détail ces mouvements et leur utilisation dans mon article consacré au Brain Gym en kinésiologie.
Brain Gym et mouvements croisés : reconnecte-t-on les deux hémisphères ?
Le cross-crawl est probablement l’un des mouvements les plus connus.
Il consiste à réaliser des mouvements croisés : par exemple, amener alternativement une main vers le genou opposé.
Dans les modèles traditionnellement utilisés en Brain Gym et en kinésiologie, le franchissement de la ligne médiane est souvent présenté comme un moyen de favoriser l’intégration entre les deux côtés du corps et les deux hémisphères cérébraux.
Il faut cependant distinguer cette explication propre au modèle de la pratique de ce que l’on peut affirmer scientifiquement.
Nos deux hémisphères sont déjà reliés et communiquent en permanence, notamment grâce au corps calleux. Un mouvement croisé ne « reconnecte » donc pas deux hémisphères qui auraient été séparés par le stress.
En revanche, un mouvement croisé sollicite réellement la coordination, le mouvement, l’attention et le franchissement de la ligne médiane corporelle.
Dans ma pratique, j’utilise donc certains exercices de Brain Gym comme outils corporels d’équilibration au cours de la séance, sans les présenter comme une technique permettant de modifier ou de réparer directement les connexions cérébrales.
Retrouver davantage de choix face au stress
Finalement, comprendre ce qui se passe sous stress permet aussi de regarder différemment certaines de nos réactions.
Il ne s’agit pas toujours d’un manque de volonté.
On peut parfaitement savoir que l’on voudrait réagir autrement et constater que, dans une situation précise, l’ancienne réaction revient malgré tout.
C’est particulièrement visible face à une peur, un conflit, un oral, une compétition ou toute situation chargée émotionnellement.
Chez les sportifs, ce décalage peut également apparaître lorsque le corps est prêt mais que le mental bloque : appréhension, perte de confiance ou difficulté à mobiliser ses capacités dans une situation particulière.
Le travail réalisé en kinésiologie ne consiste pas à supprimer toutes les réactions de stress — elles ont une fonction essentielle — mais à travailler autour d’une situation dans laquelle cette réponse devient inconfortable ou limitante.
L’objectif peut alors être de retrouver davantage de choix dans sa manière de vivre et d’aborder cette situation.
Kinésiologie et stress à Annecy
Je reçois au cabinet des adultes, adolescents, enfants et sportifs pour des problématiques dans lesquelles le stress peut prendre différentes formes : peur de l’échec, appréhension, manque de confiance, difficulté à poser ses limites, stress avant un examen, réactions répétitives ou encore blocage dans une situation précise.
Chaque séance part de ce que vous vivez aujourd’hui et de ce que vous souhaiteriez pouvoir vivre différemment.
Je vous reçois dans mon cabinet de kinésiologie à Annecy, ainsi que chaque mercredi à Maison Gaïa à Annecy-Meythet.
La kinésiologie est une approche complémentaire de bien-être. Elle ne permet pas de diagnostiquer ou de traiter une pathologie neurologique, psychiatrique ou médicale et ne se substitue pas à un suivi auprès d’un professionnel de santé lorsqu’il est nécessaire.
Prendre rendez-vous en kinésiologie à Annecy
Vous avez l’impression de savoir comment vous aimeriez réagir mais de perdre vos moyens lorsque le stress apparaît ? Une séance peut être l’occasion de partir d’une situation concrète et de travailler autour de l’objectif que vous souhaitez atteindre.
→ Lire aussi l’article : Mémoire émotionnelle : pourquoi certaines situations déclenchent-elles encore une réaction ?
FAQ – Cerveau, stress et kinésiologie
Que se passe-t-il dans le cerveau lorsque l’on est stressé ?
Lorsqu’une situation est perçue comme menaçante ou particulièrement exigeante, différents systèmes cérébraux et physiologiques participent à la réponse de stress. L’attention peut davantage se focaliser sur les informations jugées importantes ou menaçantes et certaines fonctions exécutives, comme la mémoire de travail ou la flexibilité cognitive, peuvent temporairement être moins efficaces.
Pourquoi perd-on parfois ses moyens sous stress ?
Un stress important peut modifier temporairement notre capacité à mobiliser certaines fonctions cognitives. C’est notamment ce qui peut contribuer à expliquer le fameux « trou noir » lors d’un examen ou la difficulté à trouver ses mots pendant une conversation tendue alors que l’on savait parfaitement ce que l’on souhaitait dire quelques minutes auparavant.
Le stress déconnecte-t-il réellement le cortex ?
Non. Le terme « déconnexion » ou l’image du « court-circuit » peuvent être utilisés comme métaphores pédagogiques, mais le cortex ne se déconnecte pas réellement du reste du cerveau. Sous stress, c’est plutôt la manière dont différents réseaux cérébraux fonctionnent et interagissent qui se modifie temporairement.
Qu’est-ce que le cerveau reptilien ?
Le « cerveau reptilien » appartient à un ancien modèle pédagogique qui représente le cerveau en plusieurs niveaux associés notamment à la survie, aux émotions et à la réflexion. Cette image reste parfois utilisée pour faciliter la compréhension, mais elle ne correspond pas à la manière dont les neurosciences actuelles décrivent littéralement l’organisation du cerveau, qui fonctionne grâce à des réseaux fortement interconnectés.
Le cerveau droit est-il créatif et le cerveau gauche logique ?
C’est une simplification très répandue. Certaines fonctions peuvent effectivement présenter une spécialisation plus importante dans un hémisphère que dans l’autre, mais les activités complexes comme réfléchir, créer, apprendre ou prendre une décision mobilisent des réseaux répartis dans les deux hémisphères. Nous n’utilisons donc pas un « cerveau créatif » d’un côté et un « cerveau logique » de l’autre.
À quoi servent les mouvements croisés en Brain Gym ?
Les mouvements croisés, comme le cross-crawl, sollicitent notamment le mouvement, la coordination, l’attention et le franchissement de la ligne médiane du corps. Ils sont utilisés dans le Brain Gym et peuvent faire partie des outils d’équilibration proposés en kinésiologie. Il serait en revanche trop simplificateur d’affirmer qu’ils « reconnectent » à eux seuls les deux hémisphères cérébraux.
La kinésiologie agit-elle directement sur le cerveau ?
La kinésiologie ne permet pas de mesurer, diagnostiquer ou modifier directement le fonctionnement d’une structure cérébrale. En séance, nous travaillons autour d’une problématique, d’un objectif et des facteurs de stress qui y sont associés, en utilisant notamment le test musculaire et différentes techniques d’équilibration.
